Oui : de nombreux pratiquants et comédiens professionnels témoignent que l’improvisation théâtrale aide à gagner en confiance en soi, en apprenant à agir sans tout contrôler et à s’exprimer sans craindre le jugement. C’est le témoignage d’Elisa, comédienne professionnelle de théâtre d’improvisation depuis 15 ans.

Le témoignage d’Elisa, comédienne professionnelle d’impro
« Je m’appelle Elisa, je suis comédienne professionnelle de théâtre d’improvisation et voix off, également comédienne intervenante en théâtre forum, formatrice et metteuse en scène. J’ai construit ma carrière sur ces dix dernières années, avec autant de grands hauts que de grands bas.
Je précise cela parce que, quand j’ai rencontré le théâtre d’impro il y a quinze ans, je n’étais pas une fille pleine de confiance en elle. Bien au contraire : je doutais de tout, et surtout de moi. Alors me jeter dans le vide, sans texte, en risquant le ridicule, ce n’était pas gagné.
Toute petite déjà, je rêvais de faire du théâtre, d’incarner mille vies. Mes parents m’ont dit que « ce n’était pas un vrai métier ». J’ai renoncé, pas seulement pour leur obéir, mais surtout parce que j’avais peur de m’exposer.
J’ai travaillé plusieurs années en agence de communication, puis comme responsable communication pour des clowns intervenant à l’hôpital. Fascinée par leur capacité à tout improviser sur l’instant, j’ai fini par m’inscrire moi-même à un cours d’impro pour amateurs. Je me souviens encore du vertige que j’ai ressenti en appelant pour réserver mon premier cours d’essai.
« Avant chaque montée sur scène, je me disais que je n’allais jamais y arriver »
Entre terreur et excitation, j’ai découvert une spontanéité que je croyais avoir perdue depuis l’enfance : cette capacité à dire « on a qu’à être des pirates » et, sans réfléchir, à l’être vraiment. On ne joue pas à être, on est.
Avant chaque montée sur scène, je me disais que je n’allais jamais y arriver. Et après chaque passage, je ne retenais que le bonheur d’avoir osé. Au fil des ateliers, j’ai appris à faire taire la petite voix intérieure qui doutait de moi, pour me concentrer sur ce qui se joue dans l’instant présent. J’ai enfin compris ce que « lâcher prise » voulait vraiment dire : arrêter de me juger, m’amuser, et me concentrer à rendre l’autre bon plutôt qu’à me regarder faire.
Aujourd’hui, l’improvisation est mon métier. Alors, à la question « l’improvisation pour gagner confiance en soi, ça marche vraiment ? », je réponds oui, sans hésiter : j’en suis la preuve vivante — à la condition d’être encadré par des professeurs bienveillants. L’impro nous apprend à arrêter de nous juger, à accepter d’échouer sans nous effondrer, parfois même à en rire, et à redevenir créatifs et spontanés comme des enfants. »
Pourquoi l’improvisation agit sur la confiance en soi
- Le droit à l’erreur : en impro, se tromper n’est pas un échec mais une matière de jeu, ce qui désamorce la peur du jugement.
- Le lâcher-prise : apprendre à agir sans tout contrôler à l’avance, plutôt qu’à anticiper chaque mot.
- La confiance en l’équipe : on improvise toujours avec des partenaires, qui portent et complètent ce que l’on propose.
- La sortie de la logique de résultat : l’impro déplace l’attention du « bien faire » vers le plaisir du moment présent.
Des exercices de confiance en soi inspirés de l’impro, à pratiquer même sans cours
- Le « oui, et » au quotidien : dans une conversation, entraînez-vous à accepter une idée avant de la commenter ou de la corriger.
- Dire une idée à voix haute sans la justifier : proposez une idée simple sans l’accompagner d’un « c’est peut-être bête mais… ».
- Transformer une erreur de la journée en « belle scène ratée » : le soir, reformulez un moment gênant comme une anecdote assumée plutôt que comme un échec.
- S’entraîner à occuper l’espace : parler en se tenant droit, en regardant son interlocuteur, sans chercher à se faire petit.
L’improvisation fonctionne-t-elle pour tout le monde ?
L’effet de l’impro sur la confiance en soi dépend beaucoup de la qualité de l’encadrement : un professeur bienveillant, qui respecte le rythme de chacun, fait toute la différence. Les premiers effets se ressentent généralement après plusieurs séances, rarement dès le premier cours.
Comme pour l’anxiété sociale, l’impro reste une pratique complémentaire : elle ne remplace pas un accompagnement thérapeutique si le manque de confiance en soi est lié à des difficultés plus profondes.
Questions fréquentes
Faut-il être extraverti pour gagner en confiance grâce à l’impro ?
Non. Beaucoup de pratiquants réservés progressent justement parce que l’impro leur offre un cadre sécurisant pour s’exprimer, loin du jugement du quotidien.
Combien de temps avant de sentir une différence ?
Cela varie selon les personnes, mais de nombreux pratiquants constatent un changement dès les premières semaines de pratique régulière, avec des effets qui s’approfondissent sur plusieurs mois.
L’impro peut-elle aider en entretien d’embauche ou en prise de parole en public ?
Oui : la capacité à structurer sa pensée à l’oral, à rebondir sur une question imprévue et à gérer son trac sont des compétences directement travaillées en improvisation.