Compagnie
d'improvisation

Improvisation en entreprise : à quoi ça sert vraiment ?

Au sommaire

L’improvisation en entreprise sert à entraîner ce qu’aucun process ne règle : écouter vraiment, accepter l’idée d’un collègue avant de la juger, oser proposer sans craindre l’erreur. C’est un outil aiguisé par des années de test, de pratiques (et même de recherches scientifiques !) pour créer de la sécurité psychologique indispensable à la performance et la productivité d’un groupe.

L’improvisation appliquée, c’est quoi (et ce que ce n’est pas) ?

L’improvisation appliquée consiste à utiliser les outils du théâtre d’improvisation hors de la scène : dans une équipe, un comité de direction, une formation de managers.. Chez WE IMPRO, on aime le terme d’improvisation intégrée, parce que l’objectif n’est pas de jouer une belle scène, mais d’intégrer des réflexes relationnels dans le quotidien de travail.

Levons tout de suite deux malentendus :

1 – Ce n’est pas un spectacle : il n’y a pas de public, pas de scène à réussir, pas d’histoire à rebondissement.

2 – il n’est pas nécessaire d’être drôle. Dans nos ateliers, les moments les plus utiles sont rarement les plus comiques. Ce sont ceux où quelqu’un écoute enfin la proposition de l’autre au lieu de préparer la sienne. Ce sont les moments où les premiers effets de la spontanéité vont amorcer un changement de vision chez un participant. C’est l’exercice ou un.e timide va briller et épater ses collègues (et croyez-moi, ça arrive tout le temps !).

En entreprise, on retrouve les mêmes enjeux que sur un spectacle improvisé : un groupe qui doit construire quelque chose ensemble, sans script, avec un nombre d’infos réduit et sans savoir à l’avance où il va (et tout ça, pour des personnes qui ont payé !)

Quels problèmes d’équipe l’impro aide-t-elle à résoudre ?

Avant de construire notre offre, nous avons interrogé des managers et des RH sur ce qui bloquait vraiment leurs équipes. Voici ce qui revenait :

  • Les silos. L’équipe technique et l’équipe commerciale ne parlent pas la même langue. Résultat, selon un manager : on se retrouve avec un outil que personne n’utilise.
  • Les réunions où personne ne parle. « Par peur, chacun préfère se protéger au détriment des objectifs de l’entreprise. »
  • Les micro-conflits à répétition. Le manager devient « pompier » : il passe ses journées en médiation au lieu de piloter.
  • La panique face à l’imprévu. Dès qu’on sort du cadre prévu, le stress monte et chacun se replie sur sa position.

Un constat revient aussi : « Aucun espace n’existe pour travailler sur ce problème. » Les compétences techniques sont là. Ce qui manque, c’est ce que j’appelle la plasticité relationnelle : la capacité d’une équipe à rester souple quand la situation change, au lieu de se rigidifier.

Ce que l’impro développe, preuves à l’appui

L’écoute

En improvisation, on ne peut pas rebondir sur une proposition qu’on n’a pas entendue. L’écoute n’est donc pas une valeur affichée au mur : c’est une condition pour que la scène avance. Nous travaillons l’écoute sur trois niveaux, verbal (les mots), paraverbal (le ton, le rythme) et non verbal (la posture, le regard), et chaque participant découvre vite lequel il néglige.

La sécurité psychologique

La chercheuse Amy Edmondson a montré que les équipes qui apprennent le mieux sont celles où l’on peut prendre un risque interpersonnel (poser une question, signaler une erreur, proposer une idée) sans crainte d’être puni ou humilié. C’est ce qu’elle appelle la sécurité psychologique. Or l’impro est précisément un entraînement à ce risque, dans un cadre où l’erreur ne coûte rien. Des chercheurs ont d’ailleurs utilisé l’improvisation comme outil de team building pour favoriser la sécurité psychologique dans des équipes d’étudiants en management (Perrmann-Graham et al., 2022).

La créativité et la confiance

Une étude de l’université technique de Dresde a comparé des adultes ayant suivi un cours d’impro de six semaines à un groupe contrôle placé en liste d’attente : les participants ont progressé en créativité et en bien-être psychologique (Schwenke et al., 2021). Une étude publiée en 2025 a suivi 202 adultes et comparé un entraînement à l’impro à un entraînement sportif : l’impro a davantage renforcé la confiance des participants en leurs capacités créatives, ainsi que leur estime de soi (Berkemeyer et al., 2025). Sur la confiance en ses capacités professionnelles, en revanche, le groupe impro n’a pas fait mieux que le groupe sport.

Restons honnêtes : ces études portent sur des groupes de taille modeste, et peu d’entre elles ont été menées directement en entreprise. Elles ne promettent pas de miracle, elles montrent une direction. J’ai rassemblé l’ensemble des travaux disponibles, avec leurs limites, dans un article dédié : les bienfaits de l’improvisation selon les études.

Pourquoi un afterwork ou un escape game ne suffit pas ?

« On a déjà essayé des choses et rien ne change »

cette phrase, nous l’avons entendue plusieurs fois. Ces solutions ne sont pas mauvaises en soi, elles ne visent simplement pas le bon problème.

Solution souvent tentéePourquoi elle ne suffit pasCe que change l’impro
Afterwork, escape game, baby-footCrée de la sympathie sur le moment, mais pas de capacité à collaborer sur un sujet difficile. Le lundi matin, rien n’a changé.Garde le plaisir du jeu, mais chaque exercice est débriefé et relié aux situations réelles de l’équipe.
Formation individuelle (prise de parole, coaching)Le collaborateur revient avec des outils et se heurte au même mur : « ça n’a pas marché car pas systémique ».Toute l’équipe s’entraîne ensemble : c’est l’interaction qui change, pas seulement l’individu.
Forcer la collaboration, faire intervenir le manager, voir le N+2.Traite l’opérationnel sans toucher aux tensions de fond, qui ressortent ailleurs.Donne à l’équipe un langage commun et des réflexes pour se réguler elle-même.
Nouveaux process, référentiels, outilsRépond à un problème relationnel par une réponse organisationnelle.Travaille directement l’écoute, l’acceptation des idées et le rapport à l’erreur.

Si vous cherchez avant tout un moment convivial, le team building en improvisation est une excellente porte d’entrée. Pour changer durablement la façon dont une équipe travaille, il faut un vrai temps de formation.

Comment se déroule un atelier d’improvisation en entreprise ?

Nos interventions suivent une progression en cinq temps, adaptée à chaque groupe :

  1. Découverte. On explore trois piliers : le rapport à l’erreur, le rapport au contrôle et au risque, l’attitude. L’équipe se prend au jeu et crée ses premiers souvenirs communs.
  2. Facteurs de succès. On identifie ce qui fonctionne : co-construction, écoute, détente, empathie. Les premiers succès arrivent, les barrières commencent à tomber.
  3. Mise en situation. On transpose les apprentissages dans des situations proches du quotidien de l’équipe, dans un cadre sécurisé où l’on peut se tromper.
  4. Retours collectifs. Chacun reçoit un retour bienveillant du groupe sur ses forces et ses qualités.
  5. Une clôture en spectacle, en option. Selon le contexte, l’équipe peut présenter ce qu’elle a construit.

Ce qui distingue une formation d’un simple jeu, c’est le débrief. Après chaque exercice, on revient au travail : qu’est-ce que cela dit de nos réunions, de nos échanges avec les clients, de la façon dont on tient un délai ou un budget ? Sans ce temps-là, l’exercice reste un bon souvenir. Avec lui, il devient un outil.

Pour un cabinet de conseil RH, j’ai par exemple construit un atelier sur la confiance et l’authenticité autour de plusieurs exercices :

1 – deux affirmations fausses et une vraie pour briser la glace,

2 -une anecdote racontée puis reformulée par le groupe pour travailler l’écoute,

3 – L’orgnisation d’un mariage fictif avec la règle du « Oui, et » pour construire à plusieurs

4 – un débat pour ou contre pour apprendre à faire valoir ses idées

5 – et enfin un exercice où chacun apprend à « se planter avec panache ». Vous trouverez plusieurs de ces exercices détaillés dans notre article 5 exercices d’impro pour la cohésion d’équipe.

Pour l’anecdote, en tant qu’animateur il y a un indicateur qui ne trompe pas : la hauteur des épaules des participants. Elles sont souvent très hautes au début de l’atelier et révèle la tension présente. Si je fais mon travail correctement, elles sont bien plus basse après les 10-15 premières minutes de l’atelier

Quels formats pour votre équipe ?

Nous intervenons auprès d’équipes pluridisciplinaires, idéalement de 6 à 15 personnes, en mêlant profils juniors et seniors. La durée va de 2 heures à plusieurs jours selon l’objectif :

  • Le workshop : un format court pour découvrir les outils et enclencher une première dynamique.
  • Le parcours : plusieurs séances espacées, pour que les réflexes s’installent vraiment dans le quotidien.
  • Le cabaret entreprise : un spectacle d’improvisation pour un séminaire ou un événement interne.
  • Le théâtre forum : des comédiens jouent une situation de travail problématique, puis le public intervient pour chercher d’autres façons d’agir.

Le détail de ces formats est présenté sur notre page improvisation en entreprise.

Ce qu’en disent les équipes

J’ai eu le plaisir de collaborer à plusieurs reprises avec Romain de la compagnie WE IMPRO, dont la maîtrise de la pensée Design et des dynamiques collectives est remarquable. Il excelle à utiliser des techniques d’improvisation théâtrale pour renforcer la créativité et la collaboration des équipes. C’est un leader inspirant, capable de transformer des idées en actions concrètes, tout en fédérant des équipes autour d’une vision commune.
Mathieu – Studio 361 degrés

Dans le cadre d’un team building, j’ai fait appel à WE IMPRO pour animer une session de 2 heures. Prestation complètement adaptée pour une équipe de 12 personnes, fous rires garantis. Romain, en plus d’être sympatique, a su s’adapter au groupe et a permis à chacun de se révéler. Je recommande
Djamila – IAD IMMOBILER

Comment mesurer l’impact d’un atelier d’impro ?

« L’impact est difficile à mesurer » : c’est une objection que j’entends souvent, et elle est légitime. Nous y répondons avec un outil d’évaluation que les participants remplissent avant et après l’intervention. Il permet de mesurer l’évolution ressentie par l’équipe, de prendre du recul sur ce qui a bougé, et il vous fournit un support concret à partager en interne pour valoriser la démarche.

On conseille aussi aux managers d’observer quelques signes simples dans les semaines qui suivent : qui prend la parole en réunion, combien d’idées sont proposées avant d’être critiquées, combien de conflits remontent jusqu’à vous. Ce sont souvent les premiers indicateurs à bouger.


Questions fréquentes

Faut-il être à l’aise à l’oral pour participer ?

Non. Les exercices commencent en groupe, sans public, et personne n’est forcé à jouer seul. Les personnes réservées sont souvent celles qui en retirent le plus, justement parce que le cadre leur permet de s’exprimer sans crainte du jugement. Nous avons d’ailleurs consacré un article à l’impro face à l’anxiété sociale.

Combien de temps dure une intervention ?

De 2 heures à plusieurs jours selon l’objectif. Un format court permet de découvrir la méthode et de créer une première dynamique. Pour ancrer de nouveaux réflexes dans l’équipe, un parcours en plusieurs séances est plus efficace.

Quelle est la taille de groupe idéale ?

Entre 6 et 15 personnes, pour que chacun ait du temps de jeu et que le débrief reste personnel. Pour des groupes plus larges, nous adaptons le dispositif, par exemple en sous-groupes ou avec un format spectacle comme le théâtre forum.

Est-ce un team building ou une formation ?

Les deux sont possibles, mais ce n’est pas la même chose. Un team building en impro vise d’abord le plaisir partagé et la cohésion du moment. Une formation en improvisation intégrée relie chaque exercice aux situations professionnelles de l’équipe grâce à un débrief structuré, pour des effets qui durent au-delà de la journée.

Le manager doit-il participer ?

C’est à décider ensemble en amont. Participer permet au manager de vivre les mêmes codes que son équipe et envoie un signal fort. Observer, lors des mises en situation, lui permet de voir comment l’équipe se débrouille seule, dans un cadre sans risque. Dans les deux cas, nous préparons ce choix avec vous.


Vous voulez savoir ce que l’improvisation pourrait changer dans votre équipe ? Parlez-nous de votre contexte et demandez un devis : nous construisons chaque intervention à partir de vos objectifs.


À propos de l’auteur. Romain Guiot-Samson est directeur artistique et co-fondateur de WE IMPRO, compagnie d’improvisation théâtrale basée à Paris. Ancien ingénieur, il se forme à l’improvisation à Paris, à l’école UCB (New York) et à l’iO Theater (Chicago), il enseigne l’improvisation au sein de L’Atelier des WE et intervient en entreprise pour développer l’écoute et la coopération des équipes.

À lire ensuite

L’improvisation pour gagner confiance en soi : ça marche vraiment ?

Improvisation théâtrale vs théâtre classique : 5 différences fondamentales

Anxiété sociale et théâtre d’improvisation : ça aide vraiment ?

Envie d’essayer ?
Atelier d'impro à Paris
WE PRO · Entreprises
Team building impro
6 à 50 personnes · dans vos locaux · réponse sous 48 h